L'industrie du ski au Japon est confrontée à une période difficile, avec un nombre record de stations en service en 2025, marquant une réduction de 40% par rapport à l'année 1999. Cette tendance est attribuée au réchauffement climatique et à une baisse continue de l'intérêt pour le ski parmi la population locale. Malgré un afflux croissant de touristes étrangers, les infrastructures vieillissantes et la diminution de la demande interne exercent une pression considérable sur ce secteur autrefois florissant. Le pays comptait seulement 417 stations l'année dernière, contre 698 en 1999, soulignant une période de déclin prolongée.
Les défis des stations de ski japonaises face au changement climatique et à l'évolution des loisirs
En 2025, le Japon a atteint un creux historique avec seulement 417 stations de ski encore en activité, soit une baisse de 40% par rapport au pic de 698 stations enregistré en 1999. Ce déclin marqué est le résultat d'une combinaison de facteurs, incluant les effets du changement climatique, qui réduisent la durée des saisons de neige, et une diminution de l'intérêt des citoyens japonais pour les sports d'hiver.
L'Association japonaise des transports funiculaires, qui surveille les stations équipées de remontées mécaniques approuvées par le gouvernement, a révélé que le vieillissement des installations et une demande intérieure en constante baisse ont considérablement affaibli le secteur. Cela se produit malgré les efforts de certaines régions pour introduire de nouvelles initiatives visant à attirer les clients.
Le boom du ski au Japon a culminé en 1999, après une croissance constante depuis les 636 stations recensées lors de la première enquête de l'association en 1989. À cette époque faste, des stations fonctionnaient 24 heures sur 24 et des télésièges parallèles étaient construits pour gérer l'affluence. Le Japon a même investi dans une douzaine de centres de ski intérieurs, les plus grands au monde, et a accueilli les Jeux olympiques d'hiver de 1998 à Nagano.
Cependant, le ralentissement économique du Japon, couplé à un changement dans les préférences de loisirs vers des activités comme les jeux vidéo, a entraîné une chute spectaculaire du nombre de skieurs nationaux, passant de plus de 20 millions à environ 8 millions à la fin des années 1990. Parallèlement, l'Agence météorologique japonaise a constaté une diminution constante des jours de températures négatives à travers le pays. Selon Makoto Takayanagi de l'Association du transport funiculaire, le réchauffement climatique force de nombreuses stations à réduire leurs périodes d'ouverture, rendant leur survie difficile en raison de l'augmentation des coûts liés à la production de neige artificielle, au personnel et à l'entretien.
Malgré la popularité croissante du Japon auprès des skieurs et snowboarders internationaux, le marché intérieur continue de reculer. Le nombre total de stations est tombé en dessous de 600 en 2006 et sous les 500 en 2014. En 2025, Hokkaido restait la région dominante avec 92 stations, suivie de Nagano (80) et Niigata (46).
Ce déclin généralisé persiste même avec le succès de stations comme Niseko et l'essor du tourisme international. L'Office national du tourisme du Japon a enregistré environ 39,07 millions de visiteurs internationaux sur les onze premiers mois de 2025, dépassant déjà le total de 36,87 millions pour toute l'année 2024. Néanmoins, le Livre blanc sur les loisirs de 2025 indique qu'en 2024, seulement 2,8 millions de personnes ont déclaré avoir skié, une nette diminution par rapport aux 4,8 millions en 2015.
Pour faire face à cette situation, certaines stations se diversifient en proposant des activités alternatives, telles que le ski avec des chiens ou l'utilisation des télésièges pour des visites panoramiques, afin d'attirer une clientèle plus large et d'assurer leur pérennité.
Cette situation au Japon nous interpelle sur la fragilité des industries dépendantes du climat et l'importance de l'adaptation. Face au réchauffement climatique et à l'évolution des habitudes de loisirs, les stations de ski doivent innover et diversifier leurs offres pour survivre. Cela nous rappelle également la nécessité d'une prise de conscience globale et d'actions concrètes pour préserver nos environnements naturels et les activités qui en dépendent.